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Hibernatus Negationis

février 11, 2012

– Article paru initialement dans le n°20 du magazine « Carpe Scene » sous le titre « Hiberner ! Moi jamais ! »
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Je me souviens parfaitement de ma première vraie « session » hivernale. C’était en février 1992 pour être précis (ou 1993 ? peu importe…). Il s’agissait au départ d’un simple pari avec deux amis, et pour tout dire d’une de ces furieuses envie d’aller à la pêche pendant une trêve un peu trop longue à notre goût. Il faut dire qu’il était à cette époque communément entendu par l’immense majorité des pêcheurs que la carpe, probable cousine aquatique de la marmotte, cessait invariablement toute activité de novembre à avril pour se terrer dans les abysses vaseuses de nos plans d’eau de moyenne montagne… Nous voici donc, incrédules et glacés, dans cette matinée ensoleillée par une température de – 8°, où le fort vent du nord avait comme seul mérite d’empêcher l’emprise des glaces à la surface de l’étang.

Bien sûr nous avions entendu parler de quelques carpistes « purs et durs » qui continuaient à pratiquer pendant la morte saison. Certains prétendaient même prendre du poisson … Mais pour être honnête nous pensions surtout passer un bon moment entre amis, puis rentrer au chaud, bredouille comme il se doit. Quelle surprise lorsqu’ à 8h30, alors que nous étions à peine installés, une petite miroir de 3 kilos (un poisson très correct pour l’époque) fit un départ de brème et vint s’échouer dans l’épuisette après un combat du même acabit. Quelle victoire ! Incroyable ! Persuadés d’avoir accompli un exploit, nous en dansions de joie … rituel qui permet par ailleurs de se réchauffer…

Avec quelques années de recul, j’ai bien conscience aujourd’hui que cette prise n’était qu’anecdotique, et que prendre un poisson au cœur de la saison froide n’a rien d’une mission impossible, au contraire. Beaucoup de pêcheurs de carpes cessent cependant toute activité pour se mettre à hiberner bien plus en fait que leur poisson préféré. Voyons ensemble comment occuper plus intensément nos hivers.

Dès que le soleil laisse place à l'ombre, la glace gagne du terrain...

En premier lieu, ayons l’honnêteté de dire qu’en hiver il est des jours où il vaut mieux rester chez soi, et qu’en hiver comme en été il est impossible de prédire quels seront les jours avec et les jours sans. Ainsi va la pêche, et c’est très bien ainsi. Seulement voilà : en hiver tout échec prend une autre dimension, en grande partie car une bredouille en short et en claquettes n’a pas les mêmes conséquences psychologiques qu’une bredouille en snow-boots et en parka … Les jours très courts imposent de plus des temps de pêche réduits, d’autant que pour ma part je ne pratique pas la pêche de nuit en hiver (elle est fermée dans mon département), étant comme on dit « courageux mais pas téméraire » … J’habite il faut le dire une région où l’hiver sait se montrer vif ! (NDA : cette année 2012 nous le rappelle à merveille !)

Une fois acceptées ces données par avance, il convient de s’équiper au mieux et chaudement, ce que de nombreux articles ont parfaitement expliqué avant moi (par exemple dans cet  excellent article d’Eric Deboutrois ). Je n’y reviendrai donc pas, chacun ayant bien conscience qu’on ne reste pas immobile par des températures à peine positives – sinon franchement négatives – avec pour seul « peau » un jean et un t-shirt…

Vous voici donc chaudement équipés, parés à affronter le grand nord, et voilà que vous demandez comment aborder cette pêche « si spécifique » qu’est la pêche en hiver. Je vais donc tenter de faire clair et court dans ma réponse : vous voyez comment se pratique la pêche automnale ? Oui ? Et bien ne changez rien : vous savez pêcher l’hiver. Tout étant dit ou presque, je pourrais poser là le point final de mon article, mais comme je suis à la fois bavard et partageur je vais cependant apporter quelques petites nuances techniques et tactiques à cette affirmation tranchée pourtant très proche de la vérité.

Aussi efficaces en hiver que le reste de l'année ...

Il va de soi que lorsque je dis que la pêche hivernale se pratique de la même façon que le reste de l’année, je parle bien sûr de ma façon de pêcher la carpe. Si vous êtes un très gros « benneur »  d’appâts le reste de l’année (ce qui n’est pas mon cas) il faudra lever le pied et revenir à des proportions plus raisonnables. En règle générale en hiver, je ne pré-amorce presque jamais un coup avec plus d’un kilo d’appâts. Mais c’est un maximum qui peut déjà paraître énorme, et qui peut être ramené à une cinquantaine de bouillettes, sinon aucune selon les situations. Mais prenons quelques cas concrets plus parlants que la théorie :

-exemple 1 : vous ne pouvez pas faire d’amorçage préalable de votre poste car vous n’avez que quelques heures de libres. En arrivant sur les lieux il n’y a aucune activité visible, ce qui est très souvent le cas. Vous connaissez un peu la topographie et la nature du fond pour y avoir déjà pêché. Vous savez par exemple que plusieurs spots sont productifs en été et en automne. Placez-y systématiquement un montage, car s’il est une règle d’or, c’est que les carpes visites leurs zones d’alimentation toute l’année, même dans très peu d’eau. Si elles décident de se nourrir, il y a de très grandes chances que ce soit là. Pour exemple, j’avais l’habitude d’avoir quasi systématiquement des départs en début d’après-midi en plaçant une canne à 3 mètres de la zone opposée d’un petit plan d’eau, dans environ 1,20 de profondeur. Je savais qu’il y avait là une zone plus dure. Lorsque j’ai pêché ce plan d’eau en février 2005, j’ai eu mes seuls départs sur ce coup précis et sur cette unique canne, et toujours … à la même heure que le reste de l’année. J’en déduis que les carpes visitaient ce spot selon un itinéraire quasiment immuable quelle que soit la saison. Les zones profondes et vaseuses improductives en été restèrent improductives en hiver. Lors de la vidange du plan d’eau, j’eu en partie la réponse à mes questions sur le succès de ce petit spot : un source « sous-marine » y amène en effet une eau plus fraîche en été, et plus chaude en hiver que celle de cette bordure ombragée et exposée au nord. Là se trouve l’explication fort probable de son attrait sur les carpes.

Booster l'attraction, et booster la confiance...

Pour revenir à l’approche technique de notre exemple de pêche rapide sans amorçage préalable, résumons là en un mot : attractivité et efficacité mécanique. Tout booster sera ici le bienvenue, même si j’ai personnellement pour préférence de pratiquer avec un appât non boosté mais accompagné d’une chaussette ou d’un sac soluble de produits très attractifs et agrémenté de produits de trempages. Pour ma part, étant adepte des produits Nutrabaits, j’utilise généralement sur deux cannes une bouillette dense 3D « nature », ou une base fruitée  de type « ananas banane », esches rapides par excellence, agrémentée de micro-pellets et de petits copeaux de bouillettes dans un « stick » que je trempe généreusement dans du bait-soak complex. Sur les deux autres cannes je place une bouilllette flottante, avec une très nette préférence pour la fameuse « Ananas & Butyric » de couleur jaune très visible. Bien évidemment les appâts que vous utilisez habituellement et qui ont votre confiance feront parfaitement l’affaire. Une dizaine de bouillettes au maximum complètent cet amorçage précis qui ne cherche pas à nourrir les carpes mais à en piéger une. « Fish for one fish », pêcher pour un poisson comme disent nos confrères anglais.

Le point essentiel lorsque l’on ne dispose que de quelques heures pour faire sa pêche et d’éviter la classique dépression nerveuse du carpiste qui ramène ses montages emmêlés au moment de partir … L’emploi de stick solubles évite ce genre de problèmes, et l’on peut alors avoir l’esprit occupé à des choses bien plus essentielles … comme faire un café chaud !

Montage non emmêlé, et amorçage précis

-exemple 2 : la météo s’annonce un peu plus « clémente » après une période froide. Pour parler technique : un flux d’ouest dépressionnaire remplace les conditions anticycloniques et le vent de nord-est. Pour la semaine il est prévu quelques gelées matinales et des températures en journée entre 5 et 10°, avec une certaine stabilité comme par exemple … de la pluie et un vent d’ouest. Les conditions parfaites pour une pêche hivernale sont réunies ! Vous avez retenu un poste qui vous réussi plutôt bien habituellement. Vous avez la possibilité de faire un ou deux amorçages préalables. Préférez alors les espacer de deux jours, par exemple 4 jours puis 2 jours avant votre partie de pêche. Cela donne le temps aux poissons de consommer vos appâts en confiance. Pour les quantités, faites ça « au feeling » en vous adaptant au lieu (densité connue de poissons, activité éventuelle détectée, etc.). Disons que 500 grammes à un kilo de bouillettes réparties de façon assez large me semblent une base passe-partout avec laquelle on ne commettra pas d’erreur, sachant qu’il est toujours plus facile d’en ajouter que d’en enlever, c’est bien connu.

Concernant le choix de la zone où pratiquer cet « AMT » (Amorçage à Moyen Terme… ça fait branché, non ?), je suis d’avis de dire qu’il n’est pas forcément judicieux de choisir les zones qui sont habituellement décrite comme favorables à la pêche hivernale. J’évite ainsi d’amorcer plusieurs jours les petites baies très peu profondes et bien exposées qui se réchauffent rapidement. Ces postes me semblent en effet plus propices à des pêches rapides, un petit hold-up d’un après-midi sur des poissons de passages et dans des conditions météo particulières (l’exemple n°01 en fait !). Je pense en effet que des zones de profondeur moyenne – ce qui peut aller jusqu’à 15 mètres en barrage, j’en ai fait l’expérience récemment – qui sont des zones de tenues, sont bien plus intéressantes dans notre cas de figure, car il me semble concevable que les carpes se satisferont pleinement d’une nourriture de qualité livrée à domicile. D’autant que l’hiver les dépenses énergétiques sont calculées au plus juste. Bien sûr, cette théorie peut être contredite par de nombreux exemple, mais c’est le constat que j’ai fait cet hiver en lac de barrage.

Un univers minéral qui se met progressivement à nu

Concernant le choix des appâts, utilisez ceux qui vous ont bien réussi lors d’amorçages prolongés en d’autres saisons. Pour ma part j’ai choisi la célèbre Trigga, redoutable dans ces conditions d’amorçage préalable et quelle que soit la saison.

Le jour J, placez vos montages comme vous savez si bien le faire, en eschant une bouillette en tous points semblable à celle utilisée pour vos préamorçages, accompagnée une petite chaussette soluble de produits attractifs de votre choix : « method mix », frolic moulu (excellent en hiver bien que riche en huile), petits pellets, copeaux de bouillettes, liquide de trempage, etc.  Une petite dizaine de billes autour de vos montages complètera votre approche tactique, et au besoin vous en remettrez quelques unes après chaque départ, en augmentant bien sûr la dose en cas d’activité intense, ce que je vous souhaite ! Une anecdote me vient cependant à l’esprit en écrivant ces lignes, à propos de l’emploi systématique de chaussettes solubles. Lors d’une récente pêche hivernale en barrage selon la méthode exposée ici, j’ai esché une canne avec une unique bouillette sur un montage rigide, sans chaussette, tout simplement pour gagner les quelques mètres nécessaires pour atteindre le spot choisi. Une belle miroir d’un peu plus de 15 kilos se fit piéger sur ce montage. Deux jours plus tard, je montais deux cannes sans soluble placées sur deux spots différents de celui m’ayant rapporté le précédent poisson. Les trois départs de l’après-midi eurent lieu sur ces deux cannes, avec à la clef deux poissons de 11,2 kg et de 17,8kg. Les cannes « boostées à la chaussette » restèrent improductives. Pourquoi ? Probablement parce que les carpes étaient focalisées sur les triggas « nature » qu’elles avaient eut le temps de goûter et d’apprécier. Les effluves des liquides de trempages, pourtant si productifs en pêche rapide, devenaient peut-être un point de méfiance dans leur processus d’alimentation.

Deux des plus beaux poissons pris sur un poste préamorcé en janvier :

-exemple 3 : Vous êtes un vrai conquérant, un « warrior », un pur et dur : vous avez décidé de vous attaquer à une eau inconnue en plein mois de février ! Beaucoup crieront au fou, les plus polis vous souhaiterons bon courage avec un sourire en coin, quant à moi je vous dirai que vous avez bien raison ! Car c’est à mon avis la période la plus propice à la découverte d’un nouveau terrain de jeu, et ce pour plusieurs raisons : tout d’abord la très grande majorité de la concurrence est soit en train d’hiberner, soit occupée à rouler son stock de billes pour la saison, et d’autre part nos collègues pêcheurs de carnassiers sont au chômage technique en cette période de fermeture légale. Hé hé hé ! Qui c’est qui peut arpenter tout seul les berges en long en large et en travers sans croiser personne ? C’est qui qui peut échosonder et cartographier tout à loisir sans gêner le reste du monde halieutique ? C’est moi ! … euh, enfin c’est vous ! C’est odnc le moment idéal pour faire le plein de photographies et de points GPS. A ce sujet signalons les excellents produits proposés désormais aux carpistes par la firme Humminbird, tels les combinés sondeurs GPS… de vraies merveilles pour l’exploration hivernale et pour l’exploitation des données tout au long de l’année.

Le niveau des lacs de barrage est souvent très bas en hiver. Mais tant qu'il y a de l'eau, il y a de l'espoir !

C'est le moment de faire un peu de repérage des spots intéressants ...

Bref vous avez bien compris que le monde appartient à ceux qui sont là l’hiver, et cela tant que les conditions météos le permettent (avec 10 cm de glace c’est mort…) et sans prise de risque inutile (gare aux tempêtes hivernales, ça souffle parfois très fort !).

Bien sûr, beaucoup me diront que les résultats sont très aléatoires en cette période. Mais le travail fait n’étant plus à faire, la prospection des coups potentiellement intéressants sera faite pour l’avenir, et tant qu’à s’y coller pourquoi se priver de partie de pêches qui peuvent rapporter gros, et en tout cas bien plus qu’un après-midi à se morfondre sur son canapé devant la série B de M6 …

Quelles zones allez vous alors pratiquer ? Et bien cela dépend … Facile comme réponse ! Cela dépend en effet de plusieurs paramètres parmi lesquels :

-votre disponibilité : coups rapides ou coups « construits » dans le temps, et en fonction adapter une des tactiques décrites précédemment.

-vos éventuelles observations de signes d’activités : si vous avez vu des carpes, pas d’hésitation possible. Elles sont suffisamment discrètes en hiver pour que le fait d’en voir (sauts, marsouinage, observation directe dans l’eau claire) soit un signe probable d’activité alimentaire. Bien souvent l’observation et le repérage ne sont ni faciles ni fructueux en hiver, surtout sur certains lacs du centre-France où les poissons sont déjà très discret le reste de l’année. J’ai alors remarqué que les signes d’activité du fretin, gardons ou ablettes, sur une zone est généralement un bon indicateur. En clair, je repère les lieux où j’aperçois des gobages (c’est plus facile le matin quand le vent ne souffle pas) et je tente ma chance ! Lorsque aucun signe n’est visible, je pratique la pêche au cormoran …

Non, rassurez-vous, je ne suis pas devenu adepte de la pratique asiatique qui consiste à dresser cet oiseau pour la pêche. J’ai en revanche remarqué lors d’un après-midi de repérage hivernal infructueux un grand cormoran qui nageait et plongeait sur une zone. Armé de mes indispensables jumelles, j’ai longuement observé ce prédateur habile qui remontait régulièrement avec de beaux et gros gardons dans le bec. Le sondage de la zone révéla un fond entre 10 et 18 mètres après une pente raide en bordure, puis assez douce jusqu’au lit de l’ancienne rivière. Il semblait y avoir là une véritable concentration de poissons blancs, et les carpes ne devaient pas être très loin. Après deux amorçages préalables j’ai touché un poisson dès la première sortie, et plusieurs dans les jours suivants. J’avais ainsi fait de l’oiseau noir, ennemi juré du pêcheur, l’allié temporaire du carpiste … et je garde donc désormais un œil attentif sur les cormorans en activité, car ils ont la faculté de trouver le poisson bien plus rapidement que nous ! En hiver ce gain de temps peut vous être précieux …

Un joyau hivernal pris au cœur de février

Pour finir, je ne saurai que trop vous rappeler que la patience est une qualité vitale du pêcheur de carpe … Ne riez pas face à cette évidence, car appliquée à l’hiver elle prend toute sa dimension. Non pas que l’attente des départs soit forcément plus longue pendant cette période, mais parce que les conditions climatiques peuvent parfois vous décourager plus rapidement que le reste de l’année. On devient alors bien moins « indulgent » face à l’immobilité de nos swingers … qui ne demandent pourtant qu’à s’emballer ! Insister est la clef. Baisser les bras sur un poste suite à un échec peut être une erreur, et il est nécessaire de trouver la motivation suffisante pour s’investir dans cette pratique hivernale palpitante.

En tous cas : hiberner, moi ? Jamais !

Un flux d'ouest en février, un peu de temps libre ? Let's go !

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3 commentaires leave one →
  1. février 11, 2012 11:20

    Que de bons souvenirs en revoyant ces images qui ont marqué la fin d’un cycle.

  2. Alain MINEAU permalink
    février 11, 2012 1:13

    Un plaisir à relire même si je dois bien avouer que j’ai de plus en plus de mal à me motiver quand il fait froid…. Mais bon en ce moment la question ne se pose même pas avec les 5/10 cms de glace partout. Cela me fait un vraie fausse excuse lol.

  3. février 11, 2012 1:37

    Clair que mes plus beaux souvenirs de pêche sont pour moi aussi quasi toujours associés au froid et aux longues nuits sans fin… De beaux souvenirs car effectivement chaque poisson se mérite, petits comme gros chacun d’entre eux représente une vraie victoire ! De beaux souvenirs aussi car la plupart des pêcheurs hibernant, il n’y a rien de plus grisant que de jouir d’une nature vierge, plus immense et enivrante que jamais. Un ode à l’humilité et une putain d’école halieutique dont devraient s’inspirer les adeptes du fish-camping qui hivernent entre novembre et mai, histoire de renouer avec ce que la pêche de la carpe a de plus beau, noble et grisant…

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